« Mon Dieu, je ne suis que cendres et poussières »…
nous faisait-on répéter, à l’église, quand j’étais toute petite. Évidemment, je
n’y comprenais rien.
Aujourd’hui je comprends ce que ça voulait dire. Sauf que je
ne suis pas du tout d’accord. Surtout que, je dois avouer, je descends de
Jupiter. Directement. C’est ce que je croyais en tout cas, avant de m’inscrire
au certificat de relations publiques de la Faculté de l’éducation permanente
(FEP) de l’Université de Montréal. Que voulez-vous, je viens d’une ère « classique », où il y avait la « vraie » Université, c’est-à-dire le programme de jour et les disciplines classiques – le droit, la médecine, le génie, les HEC, à la rigueur la psychologie ou les communications – et la « pseudo » Université, c’est-à-dire les cours à la Faculté de l’éducation permanente.
Me pardonnerez-vous?
Je viens de vous dire
une énormité. Une véritable énormité, mais je l’avoue humblement, c’est
vraiment ce dont j’étais convaincue. C’est tout un aveu de ma part, mais je
prends mon courage à deux mains et je vais de l’avant : dans les années fin
70 et début 80, alors que j’étudiais les sciences politiques à l’Université de
Montréal et le droit à McGill, nous (mes amis et moi) avions l’impression que
ceux qui s’inscrivaient à la FEP le faisaient parce qu’ils étaient incapables de
s’inscrire à la « vraie » Université. Incroyable, mais vrai.
En fait, nous ne connaissions pas la FEP. C’était une entité
discrète, pour les autres. Et quand j’ai commencé à envisager de suivre des
cours à l’Université, il y a quelques années, je n’ai pas pensé à la FEP, moi
qui ai deux bacs universitaires. Je me suis naturellement dirigée vers les HEC
qui offraient le DESS en communication marketing. Trois années de suite. TROIS…
années, je me suis fait dire : « Bien que votre dossier soit
admissible, ce programme est contingenté et nous ne pouvons vous accepter ».
C’est ma fille de 23 ans qui m’a secouée en me disant, sur un ton excédé :
« Tu ne penses pas que tu devrais regarder ailleurs? ».
Je me suis alors mise à « regarder ailleurs ». J’ai
pris quelques cours à Technologia,
une boîte de formation dont les cours sont excellents, donnés pas des
professionnels du secteur des communications. Chers par exemple, très chers.
Mais c’est dans le contexte de l’un de ces cours que j’ai eu la chance d’avoir
comme formateur l’un des professeurs de la FEP, cette faculté que j’avais
toujours snobée, car moi, je fréquentais la « vraie » Université.
Shame on me!
Je me suis donc inscrite au certificat de relations
publiques. Et j’ai fait une découverte. Premièrement, Shame on me!, ce n’est pas du tout ce que je pensais. J’irais même
jusqu’à dire que le calibre des cours que je viens de suivre dépasse largement
celui des cours que je suivais à l’Université dans les années 80. Les profs
sont emballés et les élèves, quant à eux, n’ont vraiment rien à envier aux élèves qui
fréquentaient la faculté de science politique ou de droit, dans mon temps.
Au risque d’avoir l’air « bonne élève » (pour ne
pas dire « têteuse », vous me passez l’expression?), je dois dire que
je suis sincèrement impressionnée par la qualité des cours que je viens de
suivre, de même que par le calibre des étudiants. Je les remercie, au passage,
car ils m’ont « acceptée » sans me considérer comme un dinosaure. En
tout cas, si c’était le cas, cela n’a pas paru.
Je lisais quelque part récemment que la FEP est en fait la
faculté de l’Université qui compte le plus d’étudiants au premier cycle. De mon
temps, c’était le parent pauvre de l’Université. J’espère que ce n’est plus le
cas, car sérieusement, la FEP gagne à être mieux connue!
Donc, Jupiter, tu peux aller te rhabiller. Je ne descends plus de toi. J’étudie
à la FEP et j’en suis très heureuse. Ceci dit, je ne suis définitivement pas « cendres
et poussières »!