Ce billet est le quatrième d’une
série de plusieurs billets portant sur un voyage en Europe de l'est, au
printemps 2011. Il suit le billet publié récemment intitulé « Petit blitz
historique sur la Pologne ».
Mai 2011, je débarque à Varsovie, après un vol parfait sur
les ailes d’un avion de LOT Airlines, probablement le même modèle que celui sur
lequel voyageait le président polonais Lech Kaczynski et qui s’est écrasé l’année
précédente, alors qu’il se rendait à Katyn pour y rencontrer Vladimir Poutine
et rendre hommage aux milliers de morts polonais qui y ont été massacrés en 1940
par l’armée soviétique . J’ai toujours très peur en avion, quelque soit la
compagnie aérienne.
Après les émotions du Musée de l’insurrection, (voir billets
précédents), je quitte la Varsovie dévastée, et je me retrouve en 2011, curieuse
de connaître la Varsovie d’aujourd’hui. Je découvre le Parc Lazienki, créé au
17e siècle, qui abrite deux petits palais dont l’un a été
reconstruit après la guerre, et l’autre qui
a miraculeusement survécu à la destruction (on dit que c’est parce qu’un
dirigeant allemand y logeait pendant l’occupation et qu’il en aurait empêché le
bombardement). Un parc aménagé comme je les aime. On sent l’empreinte des
grands jardiniers qui ont dessiné les sentiers qui en sillonnent les 76
hectares et qui ont planté des arbres qui sont absolument grandioses, mais la
nature a tout de même pris le dessus, ce n’est pas trop organisé. Un pur délice.La vielle ville de Varsovie (Stare Miasto) a été entièrement reconstruite selon les plans originaux. Pour la touriste que je suis, c’est magnifique. Toutefois, certains Polonais sont plutôt critiques, assimilant cette reconstruction à Disneyland! En fait, après la guerre, Staline devait tenter de conquérir les Polonais à qui l’URSS avait fait tant de mal. Il aurait donc fait reconstruire la « vielle ville » dans cette optique. Quoiqu’il en soit, elle fait désormais partie du patrimoine mondial de l’Unesco.
![]() |
La vielle ville après la guerre. |
La vielle ville reconstruite. |
Le Palais de la Culture et de la
Science (Palac Kultury i Nauki) était également un « cadeau » de
Staline… C’est l’immeuble le plus haut de Pologne, qui a été construit à la
gloire de l’URSS. Pas étonnant que lorsque le communisme est tombé, on ait
envisagé sa destruction. Presque devenu un symbole de Varsovie, on a finalement
décidé de le conserver. Je pense que les Varsoviens en ont soupé, de la destruction!
Comme dans les villes soviétiques
(j’avais visité Moscou et Leningrad à la fin des années 70), les rues de
Varsovie sont très larges, et jonchées d’immeubles dont la facture
architecturale est caractéristique de la défunte URSS. Des immeubles austères, carrés,
sans fioritures ni ornements, carrés, « utilitaires ». Mon compagnon
me faisait remarquer qu’au moins, de nos jours, ces immeubles ont été nettoyés.
Pendant le règne soviétique, ils étaient noirs à cause de la pollution. Il en
va de même des rares anciens immeubles qui sont restés intacts malgré la
guerre. Ils ont tous été nettoyés, et ont retrouvé le faste d’antan. Des
gratte-ciel modernes, en verre et en acier, remplacent petit à petit les
bâtiments médiocres laissés en héritage par les Soviétiques.Il ne semble pas tellement avoir de cohésion entre les différentes factures architecturales. Il faut dire que pendant plus de cinquante ans, la Pologne ne pouvait compter sur aucun capital étranger, ce qui n’est plus le cas, aujourd’hui.
Un « nouveau monde »!
Mais ce qui m’a le plus frappée, à Varsovie, ce sont les gens. C’est cette atmosphère qui règne un peu partout. Quand j’étais jeune, on disait se rendre « dans les vieux pays » lorsqu’on allait en Europe. Et bien, pendant ce voyage, c’est comme si j’avais découvert un « nouveau monde », dans un pays qui pourtant existe depuis plus de mille ans! Les Polonais, comme les Hongrois et les Tchèques, d’ailleurs, ont vécu une très grande noirceur, après la guerre. Pire que ce que nous imaginions. Ils ont recouvré la liberté en 1989. Mon sentiment est que les vingt dernières années leur ont permis de rattraper le retard, et qu’ils arrivent maintenant à un état de « maturité ». Ils ont apprivoisé les règles de la liberté. Ils sont entreprenants et regardent vers l’avenir. J’ai senti, en discutant avec plusieurs d’entre eux, qu’ils étaient plus audacieux que nous ne le sommes, désormais. En partie, selon moi, car ils ont moins à perdre. Ils ont tellement été habitués aux privations qu’ils sont plus enclins à se lancer dans des aventures alors que nous, nous sommes un peu blasés, et trop habitués au confort économique.
Près de l’Université, les terrasses étaient pleines. On y entendait toutes les langues, même le français. Les galeries et les librairies sont très nombreuses, les théâtres aussi, ainsi que les salles de spectacle. Ça bouge, à Varsovie. D’ailleurs, les jeunes gens rencontrés à Cracovie (un prochain billet) sont tous d’avis que « the place to be », actuellement, en Pologne, c’est Varsovie, où il se passe beaucoup de choses.
Économiquement, la Pologne a réussi à tenir le cap, malgré la récente récession. La « vieille Pologne » n’existe plus.
Le prochain billet de cette série portera sur Cracovie, une des plus belles villes du monde.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire