lundi 19 décembre 2011

Jupiter et moi


« Mon Dieu, je ne suis que cendres et poussières »… nous faisait-on répéter, à l’église, quand j’étais toute petite. Évidemment, je n’y comprenais rien.
Aujourd’hui je comprends ce que ça voulait dire. Sauf que je ne suis pas du tout d’accord. Surtout que, je dois avouer, je descends de Jupiter. Directement. C’est ce que je croyais en tout cas, avant de m’inscrire au certificat de relations publiques de la Faculté de l’éducation permanente (FEP) de l’Université de Montréal.



Que voulez-vous, je viens d’une ère « classique », où il y avait la « vraie » Université, c’est-à-dire le programme de jour et les disciplines classiques – le droit, la médecine, le génie, les HEC, à la rigueur la psychologie ou les communications – et la « pseudo » Université, c’est-à-dire les cours à la Faculté de l’éducation permanente.

Me pardonnerez-vous?
 Je viens de vous dire une énormité. Une véritable énormité, mais je l’avoue humblement, c’est vraiment ce dont j’étais convaincue. C’est tout un aveu de ma part, mais je prends mon courage à deux mains et je vais de l’avant : dans les années fin 70 et début 80, alors que j’étudiais les sciences politiques à l’Université de Montréal et le droit à McGill, nous (mes amis et moi) avions l’impression que ceux qui s’inscrivaient à la FEP le faisaient parce qu’ils étaient incapables de s’inscrire à la « vraie » Université. Incroyable, mais vrai.

En fait, nous ne connaissions pas la FEP. C’était une entité discrète, pour les autres. Et quand j’ai commencé à envisager de suivre des cours à l’Université, il y a quelques années, je n’ai pas pensé à la FEP, moi qui ai deux bacs universitaires. Je me suis naturellement dirigée vers les HEC qui offraient le DESS en communication marketing. Trois années de suite. TROIS… années, je me suis fait dire : « Bien que votre dossier soit admissible, ce programme est contingenté et nous ne pouvons vous accepter ». C’est ma fille de 23 ans qui m’a secouée en me disant, sur un ton excédé : « Tu ne penses pas que tu devrais regarder ailleurs? ».
Je me suis alors mise à « regarder ailleurs ». J’ai pris quelques cours à Technologia, une boîte de formation dont les cours sont excellents, donnés pas des professionnels du secteur des communications. Chers par exemple, très chers. Mais c’est dans le contexte de l’un de ces cours que j’ai eu la chance d’avoir comme formateur l’un des professeurs de la FEP, cette faculté que j’avais toujours snobée, car moi, je fréquentais la « vraie » Université.

Shame on me!
Je me suis donc inscrite au certificat de relations publiques. Et j’ai fait une découverte. Premièrement, Shame on me!, ce n’est pas du tout ce que je pensais. J’irais même jusqu’à dire que le calibre des cours que je viens de suivre dépasse largement celui des cours que je suivais à l’Université dans les années 80. Les profs sont emballés et les élèves, quant à eux,  n’ont vraiment rien à envier aux élèves qui fréquentaient la faculté de science politique ou de droit, dans mon temps.

Au risque d’avoir l’air « bonne élève » (pour ne pas dire « têteuse », vous me passez l’expression?), je dois dire que je suis sincèrement impressionnée par la qualité des cours que je viens de suivre, de même que par le calibre des étudiants. Je les remercie, au passage, car ils m’ont « acceptée » sans me considérer comme un dinosaure. En tout cas, si c’était le cas, cela n’a pas paru.
Je lisais quelque part récemment que la FEP est en fait la faculté de l’Université qui compte le plus d’étudiants au premier cycle. De mon temps, c’était le parent pauvre de l’Université. J’espère que ce n’est plus le cas, car sérieusement, la FEP gagne à être mieux connue!

Donc, Jupiter, tu peux aller te rhabiller. Je ne descends plus de toi. J’étudie à la FEP et j’en suis très heureuse. Ceci dit, je ne suis définitivement pas « cendres et poussières »!




1 commentaire:

  1. Merci Renée de votre participation au cours. J'ai beaucoup apprécié lire tous vos billets (ceux du nouveau monde "slave" et celui du "Récit d'une prise de conscience" en particulier, même s'il s'agit d'un texte plus ancien). Évidemment, j'aurais préféré qu'ils soient plus espacés dans le temps et non tous entassés en décembre...comme je l'exigeais ;-) Cela aurait davantage permis à vos collègues de découvrir vos grands talents de rédactrice et, fort probablement, de les commenter...

    Bonne continuation...j'espère !

    PL

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